Actualité à la Hune

Transquadra Martinique 2017-2018

Un niveau toujours en hausse

En principe, ce sont des amateurs. Mais certains sont tellement éclairés qu’ils mènent leur croiseur IRC à la manière d’un Figaro. Sous spi dans la brise, y compris la nuit… Les concurrents de la Transquadra, qui s’élancent de Barcelone ce mercredi (12 juillet) et de Lorient dimanche prochain (le 16) ne sont pas des rigolos. Même si, fidèles à la devise de cette transat en solitaire et en double, ils ne se prennent pas au sérieux.
  • Publié le : 11/07/2017 - 09:30

Transquadra 2017Pour la course au large en IRC, et a fortiori en équipage réduit, le spi symétrique reste la norme : il est plus stable et plus facile, en particulier sous pilote.Photo @ François Van Malleghem
La Transquadra, c’est bien sûr une aventure humaine, avec ses histoires qui vont du drôle au tragique. Mais c’est aussi le plus fabuleux banc d’essai qui soit pour les derniers courses-croisières IRC. Le succès de la course est d’ailleurs tel – pas moins de 90 bateaux en lice au total – que depuis l’édition 2008 marquée par le lancement du Sun Fast 3200 (première version), un certain nombre de modèles sont aujourd’hui conçus en (grande) partie pour cette course précisément.

Rappelons avant tout chose que pour participer à la Transquadra, il faut avoir au minimum 40 ans – d’où le nom de l’épreuve. A Barcelone, on comptera cette année 11 bateaux menés en double et 3 menés en solitaire. A Lorient, 22 solitaires et 54 doubles. Pour le classement, le principe est toujours le même, qui a fait ses preuves depuis l’édition 2011-2012 – la première pour laquelle il y ait eu un départ de Barcelone en plus du départ donné sur la côte atlantique (à l’époque à Saint-Nazaire : en 2017, c’est la première fois que les concurrents partent de Lorient). Les organisateurs distinguent en réalité deux courses. D’une part la «Transquadra Atlantique», avec un classement en temps compensé de la première étape Lorient-Madère, un classement en temps compensé de la deuxième étape Madère-Le Marin (Martinique), et un classement général en temps compensé (avec les temps cumulés des deux étapes). D’autre part la «Transquadra Méditerranée», sur le même principe, sauf que la première étape est disputée entre Barcelone et Madère (port de Quinta do Lorde). Un trophée temps réel est par ailleurs décerné aux deux premiers (en solitaire et en double) de la deuxième étape (Madère-Le Marin) en temps réel, avec cette fois les deux flottes confondues (celle partie de Barcelone et celle partie de Lorient). Pour plus de précisions, avis de course ici.

Sun Fast 3200Les Sun Fast 3200 (ici au premier plan) sont toujours les plus nombreux. Cette année, ils sont une vingtaine au départ.Photo @ François Van Malleghem
Les bateaux : toujours des Sun Fast et des JPK…

La course est ouverte aux monocoques IRC dont le rating (TCC) est compris entre 0,950 et 1,050 inclus. Cette année, les nouveautés à suivre seront bien sûr le fameux Ofcet 32 (3 bateaux menés en double dont un qui part de Barcelone) et le Sun Fast 3200 «R2» (nouvelle version du bateau, doté d’un plan de voilure plus élancé et de nouveaux appendices). Seulement deux 3200 R2 seront de la fête ; ils sont menés Jean-Marc Trihan et Bertrand Géraud, et par Philippe Brisacier et Etienne Klein. Ces deux bateaux partent de Lorient. Santosha (au départ de Lorient) est un exemplaire neuf équipé de la quille standard et du mât carbone R2. Les Sun Fast 3200 d’Antoine Huchet et Vincent Gautier, et d’Alain Roland et Bernard Avril, sont aussi des modèles standard avec mât carbone R2. Pour le reste, les séries en vue sont les mêmes qu’il y a trois ans lors de la précédente édition de la course : le JPK 10.10 (une valeur sûre, avec 11 bateaux au total dont un au départ de Barcelone) et puis, pour ce qui est des gros calibres, le JPK 10.80 (6 bateaux au départ de Lorient) et le Sun Fast 3600 (8 bateaux dont un au départ de Barcelone). Sans oublier bien sûr les Sun Fast 3200 standard, qui restent d’assez loin les plus nombreux avec pas moins de 19 bateaux en comptant celui d’Alain Roland et Bernard Avril (et donc 20 en comptant aussi le R2 de Jean-Marc Trihan et Bertrand Géraud). Globalement, les courses-croisières plus «ordinaires» et moins typés course sont de moins en moins nombreux au fil des éditions. Cette année, on ne repère çà et là qu’un First 31.7 (mené en solitaire et qui affiche le plus petit rating de la flotte avec 0,943), un First 40.7, un JPK 38 FC, un Dufour 34, un Dufour 36 Performance ou encore un Opium 39 (celui-ci affiche le plus gros rating : 1,049). Le rating moyen de la flotte est d’environ 1,008. Le rating moyen des Sun Fast 3200 (en incluant le R2) est de 0,991, celui des JPK 10.10 de 1,001, celui des Sun Fast 3600 de 1,036, et celui des JPK 10.80 de 1,039. Pour plus de détails, voir notre tableau.

A35 CocoEn 2014, à leur arrivée à Madère, les concurrents de la flotte atlantique racontaient avoir poussé leur JPK ou leur Sun Fast à plus de 20 nœuds sous spi lourd, au large du cap Finisterre et du Portugal… et ceux venus de Barcelone (ici Frédéric Ponsenard sur son A35 Coco) avaient dû affronter les calmes de Méditerranée puis de forts vents contraires dans le détroit de Gibraltar : pas évident non plus.Photo @ Sébastien Mainguet
Les équipages… et les favoris

Chez les solitaires qui partent de Lorient, on peut sans doute identifier un favori parmi les favoris en la personne de Jean-Pierre Kelbert, le constructeur des JPK, qui prend naturellement le départ sur un de ses bateaux, un JPK 10.80. Vainqueur en 2009, en solitaire déjà, le Lorientais a ensuite disputé deux autres éditions en double, autant dire qu’il connaît un peu la musique. A surveiller également, le Cherbourgois Louis-Marie Dussère, sur le JPK 10.10 Raging Bee, qui avait fait des étincelles sur l’édition précédente (il courait alors en double). Engagé lui aussi sur un JPK 10.10 pour sa troisième Transquadra, Jean-François Hamon a prouvé par le passé qu’il avait un gros potentiel. Enfin il faudra peut-être se méfier d’Alexandre Ozon, qui part sur bateau atypique. Ce Bepox 990 signé David Réard a certes un gros rating (1,038) mais son skipper a maintes fois prouvé sur la Course des îles (disputée en Osiris) que ce genre de contingence ne suffisait pas à l’arrêter… Parmi les trois solitaires de Barcelone, on se doit de citer Frédéric Ponsenard, l’un des grands animateurs de la course depuis plusieurs éditions. Il court toujours sur son fidèle A35 Coco.

Blandine et Jean RodelatoBlandine et Jean Rodelato, venus de Monaco, s’étaient déjà imposés en 2012 sur leur Sun Fast 3200 Williwaw (ici à leur arrivée en Martinique).Photo @ Sébastien Mainguet
Parmi les équipages en double candidats à la victoire en IRC, on peut signaler en particulier Gérard Quenot et Jérôme Apolda, sur le JPK 10.10 Alkaïd 3, pour la flotte de Lorient, et pour la flotte de Barcelone, le tandem constitué par les Monégasques Blandine et Jean Rodelato sur le Sun Fast 3200 Williwaw (à noter au passage que Blandine est l’une des très rares femmes au départ). Dans les deux cas, nous avons ici affaire à d’anciens vainqueurs de l’édition 2011-2012. Enfin, pour ce qui est du classement temps réel en double, au moins deux équipages risquent de faire parler d’eux, à savoir les duos formés par François Valraud et Thierry Péponnet sur Bouznik, et François-René Carluer et Gwénaël Roth sur Agence Directe. Ce sont deux JPK 10.80.

Mais au fait qui sont tous ces coureurs ? Nous pouvons tenter un rapide portrait-robot. Ils sont souvent chef d’entreprise, médecin ou chirurgien. Leur âge moyen est de 53 ans, le doyen a 73 ans et les plus jeunes ont… 40 ans, forcément – ils sont d’ailleurs un certain nombre à se lancer aussitôt après avoir atteint cet âge de raison – ou de déraison ?